Alors, comme cela, ce soir, je lis que d'une tranchée, quelque part dans ce pays où les hommes sont en pièces, les femmes en lambeaux et les enfants d'une forme aléatoire, quelque part dans ce pays aux couleurs tendres de Sienne, de jaune de Venise, d'ocre et de terre cuite, un général s'inquiète pour ses troupes. Le général David Petraeus en Afghanistan, a dit que le fait de brûler les livres saints de l'Islam, pourraient causer "des problèmes significatifs" aux troupes outre-mer.
On le conçoit. Quoi que fondamentalement, le fait même de se trouver sur place, n'est pas trop bien vu. Alors je regarde un bout de CNN, je lis qu'une lectrice de téléprompteur a ainsi interviewé ce pasteur qui prouve que même dans un pays ne souffrant pas d'être de l'autre bord de la fracture numérique, informative, imagée, l'éducation laisse plus qu'à désirer.
De voir une chaîne de telle écoute poser des questions aussi hallucinantes que : mais nous, sieur, n'est-on pas, en super chrétiens, sssieur, des braves gens qui ne faisons pas ça, hein ssieur ? Même que les autres sont cons, hein, nous on est gentils, non ?
(je n'éxagère même pas, sans une bonne Efes, je pourrais même déprimer, tiens)
http://edition.cnn.com/2010/US/09/07/florida.quran.burning/?hpt=Sbin#fbid=PhnQNVRSUes&wom=false(...)
CHETRY: What about turn thy cheek? I mean, this is- you know, Christianity at its most- you know, refined. It's that you just don't act out in violence. You don't act out in any manner of hate, that you turn thy cheek, that you don't rise to the nastiness or the level of payback that your perceived enemies do. I mean, isn't this the exact opposite of what Christ taught all of us to be and to do? /erm sorry, seems to me that there is a never-ending history of primitive christians burning pagans's books, jewish or muslim books !
JONES: I agree with you exactly. I think, most of the time, we as Christians are indeed called to turn the other cheek. I believe that, most of the time, talk and diplomacy is the correct way. But I also think that once in a while- I think you see that in the Bible- there are incidents where enough is enough and you stand up. Jesus went into the temple and he threw all of the money-changers out. He did not ask them to leave. He was not peaceful. He was at that time very, very upset. Even when this very close friend and disciple, Peter- even when he tried to stop Jesus from fulfilling his will- from fulfilling the father's will, Jesus called him the devil. Jesus called the religious leaders of that time serpents and snakes. So I agree that, most of the time, diplomacy and turning the other cheek is the proper way, but sometimes not.
CHETRY: Are you- you don't care- I mean, yes or no- you don't really care if you're offending Muslims by burning the Koran, right? That doesn't bother you if they're offended?
JONES: We realize that we are definitely offending them, yes.
CHETRY: Okay. So I want to ask you this: does it bother you though-
JONES: But we actually think that Muslims should-
CHETRY: I just want to ask you this: does it bother you that the military and the military leaders believe that by doing this, you are very likely putting the risk- the lives of U.S. soldiers at risk in Muslim countries? David Petraeus, the general- this is what he said: 'Their actions will in fact jeopardize the safety of young men and women who are serving in uniform over here, and also undermine the very mission that they're trying to accomplish.' Are you willing to have the blood of soldiers on your hands by this demonstration?
JONES: Yeah, we are actually very, very concerned, of course, and we are taking the general's words very serious. We are continuing to pray about the action on September 11th. We are indeed very concerned about it. It's just that we don't know- I mean, how long do we back down? When do we stop backing down?
(..)
Oui, parce qu'évidemment... d'abord, je pense, on ne peut pas, ne pas penser, à cette nuit d'enfer ...
10 mai 1933 ... Des livres représentant "l'esprit anti-allemand" seront brûlés par les Nazis, en présence de Joseph Goebbels, ministre pour l'Education populaire et la Propagande. 20 000 livres sont brûlés. Oeuvres d'auteurs allemands ou étrangers, juifs ou non. Parmi ces livres : Heinrich Heine. Celui qui avait écrit : Là où l'on brûle les livres, on finit également par brûler les êtres humains"
"dort wo man Bücher verbrennt, verbrennt man auch am Ende Menschen.”
Il avait écrit cela en 1821, par rapport à un évènement à Grenade, qui sous les ordres d'un Cardinal en pleine inquisition, consistera à brûler ... un Coran.
Dans ses lignes qui sont une ode à la tolérance, Almansor partage avec un autre musulman, Hassan, ses inquiétudes concernant l'occupation chrétienne ...
Almansor :
Nous avons entendu que le terrible Ximenes
Au milieu du marché, pour Grenade -
j'en ai les lèvres sèches - un Coran
dans le feu ont jeté !
Hassan :
C'était un simple exemple, là où l'on brûle les livres
on finit par brûler également les êtres humains
Source :
Almansor:
Wir hörten daß der furchtbare Ximenes,
Inmitten auf dem Markte, zu Granada –
Mir starrt die Zung im Munde – den Koran
In eines Scheiterhaufens Flamme warf!
Hassan:
Das war ein Vorspiel nur, dort wo man BücherVerbrennt, verbrennt man auch am Ende MenschenDes livres paiens, brûlés par des chrétiens, débarquant de toute leur superbe à Ephèse... on s'en souvient, même sans gorgée d'Efes...
Actes (19, 8-20) - Saint Paul à Ephèse
Ac 19:16-
Et se jetant sur eux, l'homme possédé de l'esprit mauvais les maîtrisa les uns et les autres et les malmena si bien que c'est nus et couverts de blessures qu'ils s'échappèrent de cette maison.
Ac 19:17-
Tous les habitants d'Éphèse, Juifs et Grecs, surent la chose. La crainte alors s'empara de tous et le nom du Seigneur Jésus fut glorifié.
Ac 19:18-
Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient faire leurs aveux et dévoiler leurs pratiques.
Ac 19:19-
Bon nombre de ceux qui s'étaient adonnés à la magie apportaient leurs livres et les brûlaient en présence de tous. On en estima la valeur : cela faisait cinquante mille pièces d'argent.
Ac 19:20-
Ainsi la parole du Seigneur croissait et s'affermissait puissamment.
La Prédication de saint Paul à ÉphèseEustache LE SUEUR
Et après, quoi ?
Un mémorial ?

"Bibliothek" de Micha Ullman
dans la rue, à Berlin
en mémoire à 1933
Etrangement, il n'y a peut-être qu'en Allemagne, que ce souvenir donne encore l'impression de sentir le sol frémir sous ses pas, l'impression d'un grand vide, d'une vacuité terrible de l'esprit
de l'annihilation de l'autre.
L'autre que l'on tue, du bout des allumettes
d'abord
ou en communion
par delà les océans
Alors, comme ça, le général s'inquiète
Quel monde étrange ...où les hommes d'armes pensent à l'âme
quand les hommes de Dieu, sont des connards sauvages