jeudi 5 mars 2009

Baby blues




Une toute petite puce déjà consciente de son rôle de grande soeur sage. Une mère qui ne peut plus lâcher son bébé, enfant qu'elle a failli perdre en mettant au monde la petite dernière. Elle a 37 ans, un sacré besoin de vitamines à voir ses cheveux, sa pâleur. Ses yeux de récente parturiente si tristes, angoissés. C'est pourtant l'avantage d'avoir déjà eu un, deux enfants, avant. On connaît la musique, on a déjà passé par là. Dans un monde normal. Humain. Logique.

Un accouchement pareil, c'est tellement un cauchemar, que cela laisse sur les genoux, même en ne faisant que réaliser ce qu'elle a vécu.

Des bombardements. Pas d'électricité. Impossibilité d'aller où que ce soit. Entre des murs qui tremblent, les cris et hurlements de la mort tout autour ... trois semaines avant terme - on se demande pourquoi - elle a mis au monde son bébé.

A la lueur des bougies, sa mère a suivi l'avancement de la naissance. Un bébé qui a dû quasiment suffoquer, dont il a fallu désencombrer les bronches, ce que la grand-mère a fait, après avoir pris un couteau de fortune pour couper le cordon.

Et elle, elle raconte avec une telle dignité que c'est fou. Elle dit, en deux mots : "et le placenta qui ne voulait pas sortir". C'est idiot, mais c'est mortel, cette éponge, ce filtre à échanges mère-bébé quand il reste après coup en place. La "délivrance" au milieu de la panique monstrueuse d'un bébé nouveau né venu trop vite, la mort partout autour, le sang, le sien. Et sur ses genoux... la petite : "j'étais dépassée par les évènements et elle était restée dans la maison. Mon mari a juste eu le temps de la sortir, elle aussi de la maison avant qu'une nouvelle bombe tombe."

C'est tellement laconique la manière sobre qu'elle a de raconter cela, que chacun de mes mots semble artificiel, ridicule à côté de la grandeur de cette maman de ce si ... heureux évènement.


Gaza child born under Israeli missile fire 22 Jan 09

http://www.youtube.com/watch?v=zPu-WrczoDo


Y

Ce qui est terrible c'est que son cas n'est pas unique. Les femmes palestiniennes sont victimes sur tous les fronts. Depuis des années, et des années. Et le pire c'est que plus la situation politique devient inextricable, plus le désespoir augmente, plus l'extrêmisme augmente, et plus elles paient, encore.

Il est bon de rappeler que les médias, majoritairement va-t-en guerre, les "philosophes" décidés à régler leur compte à toute sorte de pays dans la région, soit pour mieux diviser, soit pour mieux se conforter dans une forme pathologique de quête de bonne conscience, ne peuvent s'excuser de "zapper" pudiquement l'horreur infligée sur ce coin du monde.


La communauté internationale, entendez celle qui a provoqué en premier lieu cette situation : le Vieux et Nouveau Continent sont responsables de redresser les choses.

Si l'impunité d'Israël est simplement monstrueuse, et devrait frapper les esprits, au nom d'une seule valeur : l'humanisme, l'humanité à sauver, et là-bas, pour commencer, ne peut attendre que les contorsions de ces esprits étrangement tordus trouvent un sens cohérent.

Lire ces lignes, rend fou !!! Non ?


M. Ban Ki-Moon, a appelé lors de la réunion des donateurs pour les Palestiniens ouverts lundi à Charm El Cheikh, à la réouverture des points de passage de la bande de Gaza. "Notre premier et indispensable objectif est l'ouverture des points de passage", a déclaré M. Ban Ki-Moon, dans son intervention à la réunion, devant des représentants de plus de 70 pays.
"La situation aux passages frontaliers est intolérable", a-t-il indiqué, relevant que "les travailleurs humanitaires ne peuvent pénétrer" dans l'enclave palestinienne", six semaines après l'agression militaire israélienne sur ce territoire (27 décembre-18 janvier). Il a souligné que les "biens essentiels ne pouvaient entrer" dans la Gaza, alors qu'Israël se refuse toujours à lever son blocus. (4.03.2009)


Pour que même M. Ban Ki-Moon se sente privé de droits élémentaires institués par le droit international, sensés se faire respecter, véritable devoir de la communauté internationale, non, non, sérieusement, le problème se résume à un seul mot : Etre pour le droit le plus basique.

Pour rappel c'est à la force occupante, même, qu'incombe le devoir de nourrir les occupés. Que même les dons de la communauté internationale soient stoppés est un crime de plus.

Comme toujours, il y aurait bien sûr la solution de passer par les tunnels...

Et ce seraient les images insoutenables qui font surenchère ??

La situation est insoutenable pour les enfants, les femmes et les hommes. Jeunes ou vieux, pour les hommes, aussi.

Derrière une image, telle une icone, que quelques scribouillard en manque de sensations, dans sa vie, cherchera à démolir (pardon, je sais que seuls les êtres méprisables sont méprisants, mais il y a des baffes, tellement qui se perdent, face à certaines hargnes inexplicables), derrière chaque enfant, il y a une maman, mais aussi une fraterie, déchirée, une famille, un père :

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6144

Et des jeunes que l'on prive de rêves, et j'ai hésité pour ma part de publier le lien, tout en me disant que c'était ridicule vu la diffusion même de mon blog, mais il faut comprendre que ne pas les entendre, ce n'est pas seulement prendre le risque de les laisser se faire tuer par Israel, mais aussi par divers groupes qui pourraient ne pas comprendre qu'ils puissent, ne pas prendre les armes.

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6211

Il faut absolument couper l'herbe sous les pieds de ceux qui peuvent instrumentaliser ce désespoir terriblement compréhensible et humain, qu'il s'agisse de mouvements connus ou pas encore créés, même, le désespoir a tendance à se ramifier au delà. Et il n'y a qu'une façon de le faire, c'est par la pression sur Israël, et un signal clair qu'il y a un espoir.

Et pardon, mais un Ban Ki-Moon se la jouant démuni avec ses caisses devant un mur, c'est simplement à hurler qu'il n'a alors qu'à consolider les tunnels !!

pff j¨p




Tags : Moby Into the Blue

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